Entreprises : La stratégie au service de votre financement

par | 27. Oct 2020 | Blog | 0 commentaires

La question du financement est essentielle dans la vie d’une entreprise. Qu’il s’agisse d’un levier de développement, de croissance, d’innovation ou encore de faire face à une mauvaise passe, c’est un sujet incontournable pour votre activité. Mais quel est le lien entre stratégie et financement ? Comment mettre le financement au service de votre stratégie ? Comment s’assurer d’utiliser les bons modes de financement en fonction de vos besoins ? Eléments de réponse dans cet article.

Stratégie et financement

L’un ne va pas sans l’autre, bien entendu. En revanche, ce qu’il faut bien garder en tête, c’est que le financement vient avant tout servir votre stratégie déjà élaborée. Comme l’explique Karim Essemiani, fondateur de GwenneG, “le financement, c’est le carburant de votre entreprise. Vous partez d’un point A et vous allez à un point B. Pour cela, vous allez avoir besoin de carburant pour avancer.“ Reste à savoir quels seront les carburants les mieux adaptés pour suivre votre trajectoire.

Avant de chercher à obtenir une subvention, un prêt ou encore une augmentation de capital, il faut donc  :

❍ Avoir une stratégie et savoir la direction que l’on souhaite donner à l’entreprise (Quelle ambition ? Quels moyens pour l’atteindre ?)

❍ Avoir les idées claires sur les raisons qui vous poussent à aller chercher de nouveaux financements (développement, croissance externe, innovation, etc) et ce que vous allez financer : du matériel, des recrutements, de la recherche, de la communication, etc.

❍ Être réaliste sur la situation de l’entreprise (son historique, sa forme actuelle) et sa capacité à accéder à tel ou tel type de financement.

❍ Intégrer le plus tôt possible ses conseils dans la réflexion, et notamment son cabinet d’expertise-comptable avec qui vous pourrez travailler sur un prévisionnel financier (un indispensable du parcours de recherche de financement).

Il est impératif de décliner un mode de financement au service de la stratégie que l’on a choisi d’adopter. Par exemple, le financement public vient en soutien du dirigeant.e en baissant la part d’autofinancement de son projet. Egalement, il agit comme une réassurance, un levier auprès des financements plus classiques (banques, investisseurs privés) sur un projet parfois plus fragile ou très innovant“ précise Céline Moreau, dirigeante de CGP Entreprises, conseil en financement public. 

Les différents types de financement

1. Les financements dilutifs

Il s’agit des financements reçus en vendant à des investisseurs des parts du capital de votre entreprise. Cela entraînant une diminution du pourcentage du capital que vous détenez et un pouvoir décisionnaire moins important. 

En fonction de la maturité de votre projet et de ce que vous recherchez, il existe diverses sources de financement :

❍ “Love money”, les amis et la famille : L’argent apporté par votre famille ou vos amis afin de vous aider à lancer votre activité.

❍ “Business Angels”, les entrepreneurs expérimentés  : Ils investissent dans votre société dès ses débuts et partagent leur expertise et leur réseau avec vous.

❍ “Société d’investissement” : Elles investissent pour le compte de familles fortunées, de grands groupes industriels ou d’organismes financiers.

Autre ressource possible :

“Crowdequity“ : Ces plateformes ont pour objectif d’investir dans les capitaux des entreprises dont le projet n’intéresse pas les autres dispositifs (mentionnés ci-dessus). L’entrepreneur.e peut alors faire appel à n’importe quel internaute pour investir en action dans sa société. 

Pour plus d’informations, voici une vidéo explicative présentant les différents types de financement.

2. Les financements non dilutifs

 

Il s’agit notamment des subventions et des prêts bancaires qui ne divisent pas votre capital. 

❍ Les financements publics : ils visent à soutenir des investissements industriels ( foncier, immobilier, process), des programmes de R et D, de développement à l’export, d’investissements liés à la transition écologique… Qu’elles viennent de l’Europe, de l’Etat des Régions ou encore des agglomérations, ces aides peuvent être accordées sous forme de subventions, avances remboursables mais aussi exonérations fiscales/sociales ou crédits d’impôts.

Les prêts bancaires : Des établissements bancaires prêtent à votre entreprise de l’argent, qui sera remboursé dans le temps en contrepartie d’un taux d’intérêt.

 Le crowdfunding : Vous laissez l’opportunité à des particuliers de participer au financement de votre projet en échange d’une récompense (livraison du produit en avant-première, offres, réductions, etc.)

Il est indispensable d’intégrer dans son projet d’installation, ou de développement, son banquier le plus rapidement possible afin de mieux anticiper votre projet (évitez l’urgence). Cela permettant d’optimiser le montage du dossier et d’être sûr de bien connaître tous les financements disponibles afin d’être correctement accompagné.e (crédit-bail, affacturage, location longue durée, crédit amortissable avec ou sans différé de remboursement, etc.). Ces échanges vous permettront également de bien ajuster et d’allouer votre apport personnel.

Les critères d’attribution d’un financement

Une fois votre stratégie bien établie ainsi que votre prévisionnel financier, vous y voyez alors plus clair sur le type de financement adapté à votre besoin. Vous pouvez alors pousser la porte des organismes compétents. Avant de choisir de vous suivre (ou non), quelques critères seront finement observés de leur côté. “En général, les entrepreneur.e.s qui viennent me voir savent déjà qu’ils ont besoin d’un financement public, d’une subvention ou d’un prêt à taux nul. Pour ma part, je sais que je vais aller le chercher si le projet tient la route et si leur stratégie est bonne “ précise Céline. 

Pour Karim, tout dépend également de votre structure : “En règle générale, une entreprise jeune et innovante qui n’a pas encore de chiffre d’affaires sera plus challengée par la banque concernant son niveau de fonds propres (capital). Au contraire, une entreprise établie avec un modèle économique stable et un résultat net positif obtiendra plus facilement un accord de la banque si son projet reste dans le même domaine d’activité.

On est donc clairement sur une question de positionnement, de développement, de situation et de modèle économique.

❍ Quels sont les critères observés ? 

❍ Est-ce une entreprise naissante sans chiffre d’affaires ?

❍ Est-ce une entreprise établie (et quelle est la capacité de remboursement de celle-ci par rapport à ses liasses fiscales à venir et la teneur de son projet.) 

❍ Ce projet va t-il créer de l’activité économique ?

❍ Ce projet est-il pertinent ?

❍ Quelles sont ses forces et ses faiblesses ?

❍ Quelles sont ses capacités industrielles ? 

❍ Quelles sont les ressources humaines ?

❍ Quel est le profil du/de la dirigeant.e ?

À noter aussi que l’exercice du prévisionnel financier reste ce qu’il est : un exercice de projection fictif, qui permet de comprendre la mécanique de l’entreprise, d’identifier sa capacité à se développer, sans pour autant faire office de vérité. Pour les financeurs, il reste un élément clé qui démontre la manière dont vous maîtrisez votre activité, votre prévisionnel et votre capacité à gérer votre entreprise. Il est également important de prendre du recul et envisager d’autres outils comme un crash-test, à savoir l’imagination d’un scénario catastrophe dans lequel l’entreprise n’enregistre pas le chiffre d’affaires escompté. Sera-t-elle en capacité d’absorber le coût d’un financement supplémentaire ? Comment pourra t-elle couvrir ses charges ?

Quand la stratégie est bonne… 

… l’argent n’est pas un problème”, comme le répèteIvan Quenardel, fondateur de Tactique. Et c’est d’ailleurs une des raisons d’exister de notre association : avoir une stratégie claire et avoir des objectifs et des moyens cohérents qui permettent d’identifier les besoins en financement (ou l’absence de besoin) ainsi que les meilleurs modes de financement associés, et donc les meilleurs acteurs à même d’accompagner l’entreprise dans son développement. 

Faire ce travail, dans cet ordre, est aussi un moyen de rassurer les organismes auxquels vous vous adresserez et d’augmenter vos chances d’obtenir ce que vous leur demandez.

….

Encore merci à nos deux experts Tactique, Céline Moreau de CGP entreprises (cabinet de conseil en financement public), Guillaume Leroux (agence BNP Paribas – Rennes) et Karim Essemiani de Gwenneg (plateforme bretonne de financement participatif) pour leur aide à la rédaction de cet article

Envie de passer à l’action ? Nous vous proposons de prendre un temps d’échange ensemble autour d’un café !

La bonne stratégie est toujours collective !

Nous sommes convaincus, au sein de Tactique Collectif Stratégique, que la sauvegarde des entreprises dépend de notre capacité à accepter la situation. A bien analyser également les forces en présence afin de faire preuve d’ingéniosité pour tirer parti du contexte.  Mobilisons toutes nos forces pour sauver nos TPE / PME !

Parce que la bonne stratégie est toujours collective !

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